Menu
Libération
Critique

«Paranoid Park», sang pur Sant

Réservé aux abonnés

Publié le 24/10/2007 à 1h03

S'approcher. Qu'est-ce que ce geste peut-il bien vouloir dire pour quelqu'un comme Gus Van Sant, lui qui a passé trois films (la trilogie Gerry/Elephant/Last Days) à édifier une distance entre sa caméra et ses acteurs. On voit bien maintenant combien Last Days portait cet éloignement à son sommet : l'impression de monumentalité tenait le spectateur en respect. Paranoid Park est plutôt cousin du premier GVS, Mala Noche, sorti l'an passé en France. Cela saute aux yeux à quel point les deux films se tiennent la main. Par proximité retrouvée, précisément, par supplément de chaleur. Une nonchalance qui s'était perdue au fur et à mesure que Van Sant montait en génie. Avec ce nouveau film, le cinéaste fait équipe avec le fougueux Chris Doyle, qui après sa rupture avec Wong Kar-wai semble s'être trouvé un nouveau copain. On imagine la paire : d'un côté un autiste introverti (GVS) et de l'autre un type (Doyle) tout aussi mal dans sa peau mais toujours prêt, en revanche, pour une quelconque frasque éthylique. Ici, de petites choses : poser une caméra sur un skate, filmer la vitesse ou en vitesse, et consentir à s'approcher si près des jeunes angelots du collège que l'on pourrait entrapercevoir leurs points noirs.

Paranoid Park est un film dominé par la peur et conduit par une volonté de la dépasser. Peur presque érotique vis-à-vis des endroits réputés dangereux, mais qui vous lient comme un secret. Peur chez le jeune Alex, parangon d'adolescenc

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique