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Critique

Wong Kar aïe !

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Publié le 28/11/2007 à 1h45

Si visuellement le dernier film de Wong Kar-wai ne ressemble pas à grand-chose, sinon à une espèce de resucée de Thelma et Louise, n'allez pas croire que cela soit dû à son départ temporaire pour les Etats-Unis. Si c'était le cas, cela reviendrait à nier que Wong a passé la première partie de sa carrière hongkongaise à s'inspirer des compositions plastiques fluo bon marché des films de Ridley et Tony Scott et autres Jerry Bruckheimer. My Blueberry Nights ne représente en rien une rupture esthétique, ni même un renversement supposé (celui du grand cinéaste asiatique jetant un regard étranger sur le désert américain), mais bel et bien une vérification in situ, en terre américaine, d'une influence ancienne.

C'est tout le problème, Wong Kar-wai n'effectue pas un voyage, une plongée, il ne cherche même pas à voir l'Amérique et les Américains, il se contente de filmer un paysage conforme aux images qui ont nourri un imaginaire cinéphile. Il est dans la reprise d'une image déjà balisée, usée jusqu'à la corde, qu'aucune nécessité (sinon l'envie urgente de travailler avec Norah Jones) n'explique. Il applique son fantasme cinéphile à la lettre, laquelle reste morte. Suivant un tel circuit fermé, il aurait été surprenant qu'il en soit autrement.

Plus inquiétant : la vitesse avec laquelle le charme de Wong Kar-wai n'en finit pas de s'éventer. 2046 bégayait une recette (celle qui avait prévalu au succès mondial d'In the Mood for Love), My Blueberry Nights

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