Un Thaïlandais (A.W.), un Chinois (W.B.), un Brésilien (V.F.), un Portugais (P.C.), un Indien (A.A.) et une Belge baroudeuse (C.A.). Le casting du nouveau Usual Suspect ? Plutôt le nouveau team de Mission : impossible. Leur cliente : la fondation Calouste-Gulbenkian, montée sur l'héritage d'un pionnier de l'industrie pétrolière mort en 1955, oeuvrant dans le mécénat culturel, l'aide à l'éducation, la santé, les sciences. Leur mission : montrer en seize minutes le monde en l'état. On imagine la tronche dépitée des cinéastes espions recevant le message. Comme toujours, ceux qui s'en sortiront seront ceux qui auront évité la question pour n'en faire qu'à leur tête.
On doit quand même s'arrêter cinq minutes sur le casting, car il est plein d'enseignements : c'est une mappemonde qui compte un absent économique et artistique de taille : pas d'Américain. L'état du monde est-il plus visible en auscultant les restes du monde ? Pourquoi alors n'y a-t-il aucun cinéaste africain, arabe ? On ne présentera pas quatre des six noms, stars dans ces colonnes, mais on regrettera que les deux outsiders (le documentariste brésilien Vicente Ferraz et l'artiste indien Ayisha Abraham) soient aussi ceux qui s'en sortent (artistiquement) le moins bien. De façon d'ailleurs injuste, car ce sont sans doute les seuls à avoir voulu se coller à la question, Ferraz en mettant en scène une parabole écologique et économique à partir d'une embarcation de pécheurs et Abraham en faisant l'aller-reto




