Lancé simultanément par Gus Van Sant (Elephant) et Michael Moore (Bowling for Columbine), développé en France entre autres par Entre les murs, de Laurent Cantet, le film «à école» serait-il en train de devenir un genre cinématographique ? Aux Etats-Unis, c'est certain. Ces temps-ci on ne compte plus les films, documentaires ou fictions, qui s'enferment dans un collège pour essayer de comprendre l'actualité des adolescents qui jouent à l'Amérique. Que cette actualité soit ordinaire ou exceptionnelle, le diagnostic est le même : la cour de récréation hésite entre stand de tir et chaudron à ennui.
Afterschool, rien qu'à son titre, s'inscrit explicitement dans cette lignée. Mais son charme tient pour beaucoup à son style singulier, qui le place à un cran supérieur d'intelligence. L'image inaugurale est celle d'un pictogramme d'ordinateur, petit moulin moulinant pour signifier qu'un téléchargement d'images est en cours. Dès lors que l'on voit cette ouverture à l'ancienne, c'est-à-dire dans une salle de cinéma, le trouble est grand. Et autorise bien des questions gênantes, mais essentielles : qui filme ? Qui tient la caméra ? Et, conséquemment, qui regarde ? Serait-ce la vieille et toujours vaillante question de la place du spectateur qui est ainsi rédimé ? Oui, mais en l'élargissant au spectacle du monde entier. Car Afterschool est un film littéralement «assisté par ordinateur».
Incertitudes. Robert est un petit jeune de




