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Critique

Tohu bahut

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Big Brother. Réflexion sur le tout-image de la génération Internet, avec derrière la caméra un (très) jeune cinéaste inspiré qui évite l’écueil de la leçon de choses.

Afterschool (DR)
Publié le 01/10/2008 à 18h33, mis à jour le 01/10/2008 à 18h33

Lancé simultanément par Gus Van Sant (Elephant) et Michael Moore (Bowling for Columbine), développé en France entre autres par Entre les murs, de Laurent Cantet, le film «à école» serait-il en train de devenir un genre cinématographique ? Aux Etats-Unis, c'est certain. Ces temps-ci on ne compte plus les films, documentaires ou fictions, qui s'enferment dans un collège pour essayer de comprendre l'actualité des adolescents qui jouent à l'Amérique. Que cette actualité soit ordinaire ou exceptionnelle, le diagnostic est le même : la cour de récréation hésite entre stand de tir et chaudron à ennui.

Afterschool, rien qu'à son titre, s'inscrit explicitement dans cette lignée. Mais son charme tient pour beaucoup à son style singulier, qui le place à un cran supérieur d'intelligence. L'image inaugurale est celle d'un pictogramme d'ordinateur, petit moulin moulinant pour signifier qu'un téléchargement d'images est en cours. Dès lors que l'on voit cette ouverture à l'ancienne, c'est-à-dire dans une salle de cinéma, le trouble est grand. Et autorise bien des questions gênantes, mais essentielles : qui filme ? Qui tient la caméra ? Et, conséquemment, qui regarde ? Serait-ce la vieille et toujours vaillante question de la place du spectateur qui est ainsi rédimé ? Oui, mais en l'élargissant au spectacle du monde entier. Car Afterschool est un film littéralement «assisté par ordinateur».

Incertitudes. Robert est un petit jeune de

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