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Critique

«Hunger», à toute faim utile

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Cachot. Violente évocation du martyre des membres de l’IRA morts en prison en 1981.

Publié le 26/11/2008 à 6h51, mis à jour le 26/11/2008 à 6h51

Hunger, qui sort six mois après avoir cassé la baraque à Cannes (presse dithyrambique, caméra d'or) est un film plus que puissant. Un des ogres de l'année. Il apparaît surtout comme le plus apte à répondre à ce que veut l'époque, comme taillé sur l'imaginaire 2008. Son geste relève tout du tour de force esthétique tout en abordant de front une histoire contemporaine jusqu'ici mal filmée : la grève de la faim en 1980 de prisonniers républicains, membres de l'IRA (Armée républicaine irlandaise), en guerre contre l'Angleterre pour l'indépendance de l'Irlande du Nord. Une grève de la faim qui se terminera en octobre 1981, après le décès de neuf d'entre eux (dont le leader, Bobby Sands, élu député pour l'Assemblée de Westminster depuis sa prison), butant devant l'inflexible politique de la «Dame de fer», Margaret Thatcher. Dernier point, Hunger est signé par Steve McQueen, 39 ans, l'artiste anglais le plus demandé du moment. Beauté, vérité, engagement, colère, un soupçon de hype mais avec ce qu'il faut d'estomac : trop beau pour être vrai ? Quelque chose à redire ? Pour cela, il va falloir se lever de bonne heure.

Brutalité. La critique est devant Hunger à compter les points. Des points que McQueen marque avec une facilité d'autant plus agaçante qu'il n'avait jusqu'ici jamais travaillé ni avec des acteurs ni sur scénario. Pourtant, après une heure quarante de happening christique en milieu carcéral, on a l'impression saisissante d'avoir

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