Au vrai, Tuvia, l'un des onze frères et sœurs Bielski (dont Asaël et Zusya, dit Zus), était, selon le livre source des Insurgés (1), une star. Immense, stratège, tribun, leader naturel, il est surnommé «Clark Gable». «La première fois que j'ai vu Tuvia Bielski, dit un témoin, en veste de cuir, mitrailleuse sanglée à travers la poitrine, il se tenait parmi une troupe de cavaliers. A mes yeux, c'était le plus grand héros du monde.» A cet égard charismatique, le type est bien rendu par Craig. Capable, dans son humanité inouïe, de résolutions fatales : à la libération, Tuvia tue net un des proscrits lui devant la vie, qui le remercie en l'insultant.
Plus proche de l’Armée rouge qu’à l’écran, Tuvia, génie rural de la survie, tôt rompu au russe et à l’allemand, au yiddish et au polonais, forçait l’admiration du général rouge Sokolov (plus tard fait «Juste») par ses qualités d’organisateur hors pair. Suivant deux principes - que la vie d’une femme de 85 ans prime la mort de dix nazis et que tout le monde doit être sauvé (femmes, vieillards, bébés) ou personne -, Tuvia sut créer une ville refuge dans les bois, enfouie à la manière de notre Noours-sur-Somme, pour les centaines de juifs proscrits de sa région de Novogrudok ; cité idéale pourvue de bains, d’une école, d’une synagogue et d’un théâtre…
Le livre nous apprend que, l'œuvre messianique, sujet du film, accomplie, Tuvia, pressentant dès 1944 la barbarie communiste, quitte tou




