Du milieu des années 70 à la fin des années 80, c’est une véritable tempête de neige qui s’est abattue sur les plages de Miami. Jusque-là, la marina ensoleillée de la Floride était synonyme de havre de paix (comprendre mouroir) pour retraités richissimes. L’esprit d’entreprise de quelques cow-boys, souvent d’anciens convoyeurs de marijuana, en a fait en quelques mois la principale plaque tournante américaine de la coke. Les gars ont commencé timidement, en louant des appartements qui donnaient sur le port, pouvant ainsi réceptionner tranquillement les premières frégates «coke en stock» en provenance de Cuba. Les vieux somnolaient sur leur transat pendant que le marchand de poudre passait. Les revenus de ces pionniers version «les gars de la narine» ont explosé, transformant une bande de ploucs séminaux en de véritables magnats, se douchant dans des magnums de Dom Pérignon, soupant avec des mannequins, cassant «pour rire» la déco des discothèques, laissant en pourboire de quoi racheter deux autres endroits à la mode.
Gangs. A Miami en 1975, le nadir de la réussite pour un cocoboy était d'engueuler son concessionnaire Ferrari si jamais la gamme de couleurs disponibles du dernier modèle n'était pas tout à fait assortie à sa chemise hawaïenne préférée. A force de jouer à «t'as le look, coco», ces types-là finirent par attirer l'attention de la brigade des stups et surtout celle des gangs du cartel de Medellín. Ces derniers étaient tout aussi flambeurs, mais avec




