Encensé par Spike Lee, qui s'est agenouillé devant lui tel son disciple lors du dernier festival de Deauville, et criblé de questions par le public lors du programme Black Revolution à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le cinéaste afro-américain, Charles Burnett retrouve aujourd'hui toute la reconnaissance qui lui est due. Son quatrième long métrage, My Brother's Wedding, tourné en 1983 dans le quartier de Watts à Los Angeles et qui n'avait été jusque-là montré que sur une chaîne allemande, est enfin projeté en France.
«Brut». A l'instar de Killer of Sheep, déclaré «trésor national» par le National Film Registry, My Brother's Wedding est un tableau réaliste, mais en couleur, cette fois-ci, d'une famille noire dans les quartiers sud de Los Angeles : «Je n'avais jamais vraiment terminé le film, raconte le réalisateur. En Allemagne, je leur ai donné un premier montage un peu brut. Je n'étais pas très content du résultat, car je n'avais pas eu l'argent pour le terminer. Mes acteurs me créaient beaucoup de problèmes. Avec le numérique, j'ai pu moi-même remonter le film, couper les scènes qui ne me plaisaient pas et le nettoyer.»
Ses acteurs, aussi turbulents que les personnages qu'ils incarnent, avaient fait prendre du retard au tournage. Pierce Mundy, interprété par un nerveux et hilare Everett Silas, est un grand dadais de 30 ans qui vit encore chez ses parents, les adorables et toujours amoureux propriétaires d'une laverie sur une des art




