Prix du Jury dans la catégorie Un certain regard à Cannes l'an passé, Tokyo Sonata, 25e film de Kiyoshi Kurosawa (qu'aucun lien de parenté ne lie à Akira Kurosawa), sort en France au meilleur moment. Connu pour ses longs-métrages mystico-horrifiques (Cure, Charisma, Kaïro), le cinéaste signe son film le plus impressionniste, envoûtant et maîtrisé. Via le portrait d'une famille tokyoïte ordinaire, Kiyoshi Kurosawa vitrifie avec brio une société nippone retranchée dans ses non-dits. Servi par sa lumière et un montage efficace, Tokyo Sonata est un arrêt sur images, la photographie nette d'un Japon traumatisé par l'éclatement de ses croyances et structures familiales. A 54 ans, Kiyoshi Kurosawa s'impose avec ce film brodant un Japon au bord de la crise de nerfs en cinéaste majeur. Tokyo Sonata est comparé aux meilleurs Ozu.
Comment est né Tokyo Sonata ?
J'avais surtout réalisé par le passé des thrillers et des films d'horreur. Or, depuis un moment, j'avais envie de m'émanciper des carcans du cinéma fantastique. Je voulais être libre de faire un film sans codes préétablis. C'est alors que la productrice [Yukie Kito, ndlr] m'a présenté un script, l'histoire a priori banale d'une famille. J'ai eu envie de relever le défi. La trame était classique. Cette famille était composée de quatre membres : un père, une mère, deux enfants, vivant dans une maison. J'ai réalisé que chacun des membres de la famille pouvait être le personnage principal du film. J'ai alors décidé de




