Alain Resnais n’ayant plus rien à prouver, il a écrit un nouveau chef-d’œuvre. Voilà un film libre comme l’air qui lui souffle ses idées. Fantaisie, non-sens, coq-à-l’âne…
Sauf l’immense respect qu’on leur doit, il est plausible que Resnais et ses deux scénaristes (Alex Réval et Laurent Herbiet) aient fumé un brin des herbes du titre. L’histoire ? Une dame va s’acheter des jolies chaussures et à la sortie du magasin, elle se fait voler à la tire son sac à main. Le voleur s’étant débarrassé du contenu inutile du susdit sac dans un parking, un monsieur va récupérer les papiers de la dame et partant, son adresse. C’est tout, et c’est comme il vous plaira.
Rouletabille. Car la suite relève d'une logique narrative qui n'a rien à voir avec les explications raisonnables et tout à faire avec le cadavre exquis. Ce parti pris induit une imprévisibilité des scènes quant à leur dénouement et une opacité de tous les personnages, caractérisés par une absence radicale de psychologie. Leur consistance est celle de leur rôle : sans motif apparent. Ils ne savent pas où ils vont, mais ils y vont d'un pas déterminé. Un peu beaucoup givrés, un rien inquiétants, aussi.
L’héroïne (Sabine Azéma, divine, lire ci-dessous) est une dentiste légèrement nerveuse de la roulette quand le fantôme de la déprime l’habite. C’est sûrement un hasard si elle s’appelle madame Muir… Le héros (Dussollier, très en forme) est un bourgeois hanté par un passé compliqué dont on ne saura rien. Et ainsi de su




