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Portrait

«Je suis mon propre diable»

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Terry Gilliam. Réalisateur du «Docteur Parnassus».

Director Terry Gilliam attends a news conference for the film "The imaginarium of Doctor Parnassus" at the 62nd Cannes Film Festival May 22, 2009. REUTERS/Jean-Paul Pelissier (FRANCE ENTERTAINMENT) (REUTERS)
Publié le 23/05/2009 à 6h51, mis à jour le 23/05/2009 à 6h51

Barbu, en chemise à fleurs, Terry Gilliam, 68 ans, est visiblement heureux de présenter l'Imaginarium du docteur Parnassus, le premier film qu'il a entièrement conçu, du scénario original au montage depuis… Brazil, en 1985.

«Je me sentais déprimé, mes derniers films n'avaient pas si bien marché. Je me demandais si je pourrais à nouveau mener à bien un projet ambitieux. Mais je n'ai pas pris l'échec de l'Homme qui tua Don Quichotte personnellement. Je suis assez païen vis-à-vis de ça, c'est le destin, comme chez les Grecs. La malchance est partout, la chance, c'est quand elle ne vous atteint pas. J'ai découvert que tous les réalisateurs ont connu ce genre d'échecs, mais ils n'en ont pas fait un film. L'endroit le plus superstitieux sur Terre est Hollywood : du moment que vous avez du succès, on veut vous toucher comme un saint ; dès que ça ne marche plus, tout le monde s'éloigne. Avec la mort de Heath Ledger, le film a basculé en territoire inconnu.

«Je suis assez proche du docteur Parnassus. Je suis aussi mon propre diable. C’est probablement pour ça que je ne suis pas en compétition : si j’y étais, je voudrais gagner à tout prix. Je n’aime pas ce côté de moi.

«Je n’ai jamais su faire un film naturaliste. Je suis plus à l’aise dans la métaphore. J’ai essayé de décrire le Londres d’aujourd’hui, où je vis, et j’ai fini par filmer la ville de Dickens. Ce qu’il disait reste valable : les riches sont plus riches, les pauvres plus pauvres. L’argent n’a plus

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