Le CNP Odéon a probablement vécu samedi sa dernière séance. Cinéma lyonnais plus que centenaire, il a été vidé et fermé par son propriétaire, qui a fait démonter fauteuils et cabine de projection cet été, sans prévenir les salariés. Ces derniers ont mobilisé samedi plusieurs centaines de passionnés, pour une journée de projections gratuites. La fermeture brutale met un terme à onze ans de gestion hasardeuse et souligne les difficultés des cinémas indépendants dans un contexte de plus en plus concurrentiel.
Né à Villeurbanne avec le TNP (Théâtre national populaire), les CNP (cinéma national populaire) ont migré à Vénissieux, puis à Caluire-et-Cuire, avant d’installer à Lyon trois cinémas, de huit salles au total.
L’Odéon proposait un cinéma art et essai plus accessible, pour aider les autres à maintenir une programmation exigeante, parfois radicale : une vingtaine de films par semaine, en exclusivité pour une large part, de nombreux films étrangers en version originale que l’on ne voyait nulle part ailleurs à Lyon.
Cofondateur des CNP, l’homme de théâtre Roger Planchon les a revendus en 1998, en réalisant une jolie culbute. Une partie des soucis du CNP remonte à cet épisode. Le personnel s’était positionné d’emblée en rejet du nouveau propriétaire, Galeshka Moravioff, producteur suisse, aujourd’hui propriétaire de sept cinémas en France (trois à Lyon, deux à Paris et deux à Marseille). Les relations ne se sont jamais détendues.
S'il a régulièrement épongé les dettes d'exploitatio




