Certes, Roman Polanski est un grand metteur en scène. Certes, il a souffert au-delà de ce qui peut être toléré par un être humain. Mais est-ce une raison pour en oublier le pourquoi des poursuites dont il est l’objet de la part de la justice américaine et les propos qu’il a tenus, montrant son absence de regrets ?
Il ne s’agit pas ici d’entrer dans le fond de l’affaire mais de décrypter ce qui saute aux yeux. Dès qu’il en a eu l’opportunité, après avoir plaidé coupable et obtenu une remise en liberté, Polanski a décidé d’échapper à la suite de la procédure judiciaire. Dans ses déclarations de l’époque, au lieu de reconnaître sa responsabilité en tant qu’adulte ayant abusé de son autorité et de son prestige à l’égard d’une fillette de 13 ans, c’est toute l’Amérique hypocrite et pudibonde qu’il met en accusation puisque, dit-il, dans ce pays, avoir des relations sexuelles avec une jeune fille en dessous de 18 ans est interdit, donc, ajoute-t-il, logiquement tous les Américains devraient être en prison !
Le temps ayant passé, la victime souhaite oublier cette affaire. Faut-il être plus royaliste que le roi ? On nous la montre dans sa vie d’aujourd’hui, histoire de gommer l’image de la fillette un peu trop jolie et pimpante qu’elle fut, la quarantaine apparemment épanouie, mariée, trois enfants. Bref, normale, non ? Sans se l’avouer à eux-mêmes, et sans doute parce qu’il y a au fond de la plupart des personnes qui commentent cette affaire un sentiment de malaise, chacun a envie de




