Ce long métrage sort en salles précédé d’une histoire cocasse. Il est le fruit de l’obstination d’un jeune cinéaste britannique qui a consacré quatre années de sa vie et la totalité de ses économies à le réaliser. Il est allé le tourner dans la belle campagne de Roumanie, en Transylvanie, où les paysages semblent toujours plus propices à accueillir des histoires de vampires gothiques plutôt qu’un drame contemporain. Pour finir, l’extrême modestie du projet a conduit Strickland à renoncer un long moment à la postproduction de ce premier long métrage avant que, presque miraculeusement, deux producteurs hongrois ne se proposent pour financer l’achèvement du film.
Pour toutes ces raisons un peu exotiques, la proposition est intrigante. D’autant que le scénario, écrit par le même Peter Strickland, s’appuie sur le thème usé jusqu’à la corde de la vengeance, un de ces marronniers qu’il n’est plus vraiment possible d’aborder au cinéma au premier degré, à moins de chercher à provoquer une bordée de ricanements cyniques dans la salle.
Cette vengeance est celle d’une jeune et belle paysanne, jetée hors de la ferme familiale par un mari solidement bas de plafond lorsqu’il apprend qu’une dizaine d’années plus tôt, elle a été victime d’un viol commis par une brute avinée aidée d’un complice. Katalin (l’inconnue Hilda Péter, très convaincante) doit donc prendre la route, sans savoir où aller, accompagnée de son fils né neuf mois après l’agression et qui fait lui aussi les frais de l’obscuran




