Budget ric-rac, intrigue brinquebalante, acteurs de fortune et tempérament de feu, Strella, troisième opus de Panos Koutras (après l'immarcescible l'Attaque de la moussaka géante) est un film comme bientôt on n'en fera plus au cinéma. Le Net, avec son économie parallèle et ses imaginations débordantes, prendra peut-être un jour le relais.
En attendant, il faut se précipiter à Strella, comme on se fout à l'eau sans être tout à fait sûr de savoir nager ; se jeter au cou de cette jeune pute athénienne et transsexuelle qui, le soir au cabaret, se vit en réincarnation de la Callas et de Mélina Mercouri.
Virilité. Une enfant du pire (drogue, prostitution, homophobie ordinaire) dont la vie fatale croise le destin de Yiorgos, un pur bloc de virilité qui vient de quitter la prison où il purgeait une peine de quinze ans. Ils baisent, c'est chaud. Puis ils s'aiment, c'est brûlant. D'un amour insolite. Plus exactement d'un amour qui tente de réinventer les chromos. Un homme, une femme, sauf que la femme n'est pas tout à fait une femme et que l'homme va bientôt se révéler un peu plus qu'un amant (la critique qui mangera le morceau de cette «révélation» extravagante devra subir le châtiment de quarante coups de sacs à main).
Strella et Yiorgos, un couple des temps modernes, travaillé par bien des passions sombres. Un couple familier, car même si l’action est fortement ancrée dans le décor athénien, elle «marcherait» dans n’importe quelle métropole




