«C'est pas un homme dont j'ai besoin, c'est de Dieu.» Au moment où elle dit cela au jeune Yassine, qui doucement tente son coup, puisque tout lui porte à croire que le courant passe entre Hadewijch, la fille des beaux quartiers (quai d'Anjou sur l'île Saint-Louis, à Paris) et lui, vaguement voleur de scooter.Hadewijchne s'appelle plus Hadewijch dans le film : elle s'appelle Céline. Hadewijch, c'est son prénom mystique, par correspondance, ou plutôt allégeance envers Hadewijch d'Anvers, béguine du XIIe siècle, qui recherchait Dieu hors du couvent dans une expérience extatique.
C’est au couvent que Céline a été rebaptisée ainsi. Mais du couvent, où elle ne porte pas une seconde la robe et où elle reste habillée en «civil», la jeune fille se fait vite virer. Comme n’importe quelle adolescente intense se ferait lourder du bahut, parce que sa dévotion est à la limite de la caricature. Folle de Dieu, comme d’autres, du même âge et de la même allure, peuvent tomber folles de Ian Curtis ou de Rimbaud. Revenue à la ville, où son père est ministre, elle reste une amoureuse du Christ, quoi qu’il arrive et quoi qu’elle fasse, en été, dans Paris qui lui appartient, à elle, comme à Yassine. Lequel, sans malice, l’invite à passer la voir, où comment, sans transition, débarque la folle de Dieu chez les fous de Dieu.
Douceur. Dans l'arrière d'un kebab, Nassir, le grand frère de Yassine, initie des jeunes de sa cité à l'islam. Sur un banc ensoleillé (scène d




