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Critique

Poison nommé Rwanda

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Docu . Quinze ans après le génocide, Christophe Gargot témoigne de la difficulté à juger les responsables.

Publié le 16/12/2009 à 0h00

Comme tous ceux qui approchent de trop près ce trou noir qu'est le génocide rwandais, Christophe Gargot est saisi, au milieu de son film, d'un irrépressible vertige. D'Arusha à Arusha est un documentaire, non pas sur le génocide, mais sur la difficulté - voire l'impossibilité - de juger équitablement un tel événement. Arusha, en Tanzanie, est le siège du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), où sont censés être jugés les principaux responsables du génocide de 800 000 Tutsis et Hutus démocrates. C'est aussi la ville où eut lieu le sommet de la dernière chance, le 6 avril 1994, juste avant que le président rwandais, Juvénal Habyarimana, ne soit abattu avec son avion de retour au pays.

Cet attentat, qui allait donner le coup d’envoi du massacre, fait justement partie des zones d’ombre que le TPIR a décidé de ne pas aborder, tout comme les crimes du Front patriotique rwandais de Paul Kagame, aujourd’hui au pouvoir. C’est ce qui fait du TPIR le «tribunal des vaincus» car eux seuls sont à la barre. Pour ce faire, le réalisateur a pioché dans les 30 000 heures d’archives du TPIR, notamment le procès de Georges Ruggiu, animateur belgo-italien de la sinistre Radio Mille Collines (dont des extraits sonores rappellent l’influence maléfique) et seul étranger jugé devant le TPIR, ainsi que celui de Théoneste Bagosora, «cerveau» présumé de ce génocide si difficile à saisir car préparé mais, semble-t-il, non planifié.

Le film ne cesse de faire l’aller-retour entre la s

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