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portrait

Au top contre l’excision

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Waris DIRIE. Fille de nomades somaliens, cet ancien mannequin se bat contre une pratique qu’elle a subie et qui perdure.

Publié le 09/03/2010 à 0h00

Elle est d'une humeur de chien. Tousse, renifle, s'énerve contre un thé servi sur un plateau d'argent. «Où est le miel ?» grogne-t-elle. Paille à la bouche, elle siffle un jus de légumes orange vif. «J'ai la crève. Hier matin, je me suis réveillée en demandant comment j'allais assurer la journée. Vous savez ce que j'ai fait ? J'ai pris une douche froide, deux grands expressos, et j'ai foncé.» Elle éclate de rire. Avec son survêtement chic, capuche sur la tête, Waris Dirie ressemble davantage à une sprinteuse de fond qu'à une ex-James Bond Girl, top model immortalisé par Richard Avedon pour le calendrier Pirelli. Petite fille élevée dans le désert somalien par une famille de nomades, elle est devenue dans les années 90 l'un des mannequins noirs les plus célèbres de la planète. La première à poser pour Oil of Olaz. Un destin conte de fées raconté dans Fleur du désert, best-seller vendu à 11 millions d'exemplaires, aujourd'hui adapté au cinéma.

Comme les chanteurs de rap, elle harangue son entourage, excessive dans ses émotions, directe dans le contact. «Quand le président Nicolas Sarkozy lui a remis la Légion d'honneur en 2007, elle a fait la bise à tout le monde», se souvient l'avocate parisienne, Linda Weil-Curiel, décorée le même jour. Dans sa chambre de palace parisien qui semble trop petite pour elle, elle occupe l'espace de son corps immensément délié. Pas de langue de bois, même pour la promotion d'un film qu'elle a coprod

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