Menu
Libération
Critique

Valhalla le travaille

Réservé aux abonnés

Drakkar . Après «Bronson», le Danois Nicolas Winding Refn cingle avec «le Guerrier silencieux» vers le Nouveau Monde. Brutal.

Publié le 10/03/2010 à 0h00

Dans la remuante mythologie viking, il est souvent question de mort violente administrée à coups d'instruments tranchants, de voyages sans retour et d'une certaine confusion entre paradis et enfer. Il semble ainsi que les robustes gaillards nordiques considéraient comme acquis le fait que leur esprit, une fois débarrassé de sa dépouille terrestre tombée au champ de bataille, s'envolait vers le palais d'Odin pour y ripailler toute la nuit. Le jour venu, les âmes imbibées d'hydromel s'engageaient dans la féroce bataille contre les forces du mal pour y périr avant de mieux renaître et de remettre ça le lendemain, le tout pour l'éternité. Le titre français un peu molasson du Guerrier silencieux donne certes une indication sur l'état de mutisme du personnage principal, mais évacue hélas le caractère intrigant de l'original, Valhalla Rising, référence au tumultueux paradis des dieux nordiques qui ressemble, pour beaucoup, à une vision de l'enfer.

Superstitions. Nicolas Winding Refn, jeune réalisateur danois, auteur de la saisissante trilogie Pusher et, récemment, de Bronson, biographie fantasmagorique d'un célèbre et indomptable prisonnier anglais, a puisé dans ce patrimoine de bruit et de fureur pour explorer une fois encore les recoins de ses propres obsessions. La terreur sourde de l'inconnu et, en même temps, l'attirance irrépressible qu'il exerce sur lui. Il en a fait la chair, le sens de son film, au rythme de la quête pres

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique