The Soldier's Tale, «l'histoire du soldat», n'est pas l'adaptation de la pièce lyrique de Stravinski, mais un court documentaire qui réunit en 54 mn le meilleur et le pire de ce que ce genre peut proposer. Commençons par le pire, comme les enfants sages qui thésaurisent le dessert : commentaire omniprésent, considérations morales déplacées, auteur envahissant, reconstitutions maladroites… Mais on est prêt à tout pardonner à Penny Allen au regard de ce que son film donne à voir de la guerre d'Irak, la vraie, pas celle reconstituée par Hollywood.
Le visionnage rapproché de The Soldier's Tale et de Démineurs ressorti sur les écrans à la faveur de sa moisson d'oscars, est éclairant. Les scènes de combats, l'accablement des GI, les regards des Irakiens, remplis de peur ou de défi, la puanteur des cadavres : tout y est plus fort parce que plus vrai.
Motel. A l'origine du documentaire, la rencontre, dans un avion au-dessus de l'Atlantique, entre Penny Allen, cinéaste américaine anti-Bush vivant en exil à Paris, et le sergent R., soldat de la Garde nationale de retour d'un an dans l'enfer irakien. Il est encore survolté, sous le choc : son meilleur ami est mort la veille, déchiqueté par une bombe. Sans se préoccuper de savoir si sa voisine en a envie, R. lui raconte la guerre et lui montre sur son ordinateur des images prises par lui et ses compagnons d'armes. Moitié réticente, moitié dubitative, elle l'écoute et note ses coordonnées au mome




