Menu
Libération
Interview

«Montrer une autre face d’Israël»

Réservé aux abonnés

Katriel Schory . Président de l’Israeli Film Fund, qui a cofinancé «Ajami» :

Publié le 07/04/2010 à 0h00

Lors de la cérémonie de remise des oscars, le coréalisateur arabe israélien d'Ajami, Scandar Copti, a dit ne pas «représenter Israël».«Je ne peux pas représenter un pays qui ne me représente pas», a-t-il lancé, faisant allusion aux discriminations dont s'estiment victimes les Arabes israéliens. Il a provoqué un tollé en Israël, plusieurs ministres lui reprochant son «ingratitude» alors qu'Ajami a été en grande partie financé par des fonds publics israéliens distribués par l'Israeli Film Fund.

Récemment, des voix se sont multipliées dans le pays pour que des critères plus stricts soient établis pour le financement public de films jugés «anti-israéliens». Katriel Schory, président de l'Israeli Film Fund, qui dispose d'un budget annuel de 5 millions d'euros, s'explique.

Pour quelle raison avez-vous défendu les déclarations de Scandar Copti ?

Même si je pense que ce n’était pas approprié de le dire à ce moment-là, je défends son droit à exprimer ce qu’il ressent, comme n’importe quel individu. Ce n’est pas lui, personnellement, qui a reçu des fonds publics, mais le film. Quand nous avons lu le script, nous avons été impressionnés par ses qualités cinématographiques. Nous avons parié sur deux jeunes réalisateurs, dont c’était le premier film, qui ont adopté une approche audacieuse en ayant recours à des acteurs non professionnels. Et nous nous félicitons de notre décision puisque le film a été nominé aux oscars.

Certains, dans la classe politique israélienne, reprochent à l’Israeli Film Fund sa politique «trop libérale» à l’égard de films jugés particulièrement critiques à l’égard d’Israël…

Le fonds n’est pas une agence gouvernementale. Depuis dix ans que j’en suis directeur, je

Dans la même rubrique