Avec Life During Wartime, Todd Solondz ne risque pas de surprendre son public outre mesure. Grâce à ses précédents films, Bienvenue dans l'âge ingrat, Happiness ou Palindromes, on savait le cinéaste américain légèrement focalisé sur la déréliction de l'Amérique via ses valeurs en lambeaux parmi lesquelles la famille, l'obsession de la normalité sans oublier l'usage intempestif de la repentance à tout propos… Une fois encore, Solondz entraîne son auditoire dans l'observation mélancolique, un brin sadique et très drôle, d'un monde à la dérive, comme un laborantin qui prendrait plaisir à regarder des bactéries s'entre-tuer sur la lame de son microscope électronique.
Life During Wartime remet en selle les tristes aventures de la famille Jordan, dont il avait déjà mis à nu les faiblesses dans Happiness, en 1998. Mêmes personnages avec dix ans de plus, mais comme le réalisateur est un malin, interprétés par des acteurs différents. «On peut considérer Life During Wartime comme la suite de Happiness», concède Solondz de passage à Paris. «Mais c'est davantage l'illusion d'une suite. Tout comme je me donne l'illusion en faisant des films de maîtriser mes histoires et mes personnages. En tant qu'écrivain, on est responsable de tout. Ecrire, c'est du fantasme en direct. Mais, comme metteur en scène, je passe mon temps à courir après ces personnages et leurs destins. C'est la raison pour laquelle le fait de change




