La question de l’humour est au centre du travail de Sabina Guzzanti, la réalisatrice obstinée de ce pamphlet virulent consacré à la mainmise de Berlusconi sur l’ensemble de l’appareil d’Etat italien. L’humour qu’elle y développe est une arme à double tranchant quand il s’agit de battre Berlusconi sur son propre terrain, car si le président du Conseil italien est un inépuisable sujet de poilade, le risque est bien réel de passer à côté, justement, du tragique de la situation. Or Sabina Guzzanti s’en sort mieux que bien dans cet exercice acrobatique, même si elle doit à plusieurs reprises avoir recours à des effets dramatiques un brin pesants ou remettre sur le tapis les histoires de cul du Cavaliere pour rappeler que l’Italie est aux mains d’une bande d’aigrefins.
Emprise. L'affaire à partir de laquelle s'appuie sa démonstration est le tremblement de terre qui a frappé les Abruzzes le 6 avril 2009, détruisant des centaines de maisons de son chef-lieu, l'Aquila, et laissant plus de 300 morts sous les décombres. Elle raconte comment cette catastrophe a été l'occasion inespérée pour Berlusconi de se fabriquer une interminable campagne de communication, l'emmenant parader pendant des mois sur les gravats, mais aussi une opportunité pour verrouiller son emprise sur les finances publiques.
Pour schématiser, le gouvernement a traficoté les textes de loi afin que la Protection civile italienne possède les pleins pouvoirs. Rien de bouleversant quand il faut distribuer d




