Le beau sujet de l'Autre Monde, deuxième long métrage de Gilles Marchand, c'est le renommé bras de fer entre le virtuel et le réel. Le virtuel de l'Internet et plus précisément d'un jeu en réseau. Le réel de Gaspard et Marion, deux adolescents et quelques-uns de leurs amis du Midi, qui se disent qu'à 18 ans, ils pourraient être amoureux, c'est-à-dire les rois du monde. N'était le léger détail d'une très belle princesse dépressive, Audrey, qui va brouiller les pièces du puzzle et même en détruire certaines. Personnage du jeu en ligne sous le pseudo de Sam, elle devient une personne dans la psyché de Gaspard, et bientôt une obsession de chair très incarnée.
Défi. Ce n'est pas seulement l'étanchéité entre la planète électronique et le monde des humains qui est contestée. C'est la rhétorique des sentiments amoureux qui se met à bredouiller quand les échanges oraux du jeu deviennent les dialogues de la vie. Pour servir ce trouble, le film serpente entre les images d'un vrai faux jeu en ligne très plausible (spécialement conçu pour l'Autre Monde), et celles d'un paysage mental imagé qui explore l'incertaine psyché adolescente et, à ce titre, non moins féeriques. En guise d'apéro Facebook nettement plus corsé, une très belle scène nocturne de défis à la con entre jeunes mâles alcoolisés : voiture contre piéton. Qui cédera le premier ?
Avatar. De même, toujours en nocturne, une hallucination de séduction en piscine où la fantomatique




