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Libération
Critique

Xavier Dolan, confit de générations

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«Les Amours imaginaires», une comédie charmante et conventionnelle sur une relation à trois.

Publié le 17/05/2010 à 0h00

Xavier Dolan vient d'avoir 21 ans, 80 de moins qu'Oliveira. Il s'est fait remarquer l'an dernier à la Quinzaine avec son premier film piquant et d'esprit pionnier, Comment j'ai tué ma mère. Présentant samedi, salle Debussy, sa nouvelle fournée, les Amours imaginaires, il a tenu à en souligner la dimension «générationnelle». Du coup, c'est ce concept indatable que le film nous conduit à interroger. La saveur générationnelle que le cinéaste québécois a voulu donner à ces Amours se constate un peu partout. Dans le thème d'abord, qui ausculte une relation fantasmée à trois bandes : Francis le jeune gay typiquement urbain (joué par Dolan lui-même), sa meilleure amie hétéro Marie et l'Adonis Nicolas, allumeur première classe dont les deux premiers vont, en pure perte, s'enticher.

Autre sémaphore des temps modernes : la lividité Facebook-MSN des rapports sentimentaux contemporains, qui s’incruste dans le récit du film grâce à des témoignages face caméra de personnages extérieurs à l’histoire. Ça demande pas trop de boulot, c’est amusant et ça cueille facilement le public, le touche en ses points sensibles. A considérer aussi comme un geste d’avant-garde, l’alternance de plans tout bleus et tout rouges dans les scènes d’intimité physique, selon que l’on se trouve dans le lit de Marie ou dans celui de Francis. Ou encore ces savoureux ralentis (tr-ès, tr-ès, ra-len-tis), dont le lyrisme doit tout à la bande-son et sa charmante sélection de tubes illu

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