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Libération
Critique

Les Big Jim frappent un grand coup

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Gants. A 80 ans, Wiseman signe avec «Boxing Gym» un documentaire extraordinaire.

Publié le 21/05/2010 à 0h00

Boxing Gym de Frédéric Wiseman passait à la Quinzaine des réalisateurs hier après-midi pour une séance extraordinaire. Pour le coup, on en viendrait à haïr cet adjectif qui prive le génie du documentaire américain d'un second passage plus tard dans la soirée. Car des films de ce niveau-là, on n'en a pas vu boxer beaucoup, ces dix derniers jours. C'est pas qu'on aime avant tout les vieux (on nous accuse souvent plutôt du contraire) mais il faut avouer, à trois jours de rentrer à Paris, que le trio d'enfer Oliviera-Godard-Wiseman a fait très mal aux jeunes troupes descendues à Cannes planter le drapeau de la succession. L'heure n'est pas encore venue.

Il va falloir se lever de bonne heure, et surtout en savoir un peu plus long sur le monde et ses gens pour se hisser au niveau de ces trois Cassius cinéastes. Le paradoxe suprême, c'est que Wiseman (80 ans depuis janvier) comme Godard fait partie de ces gens grâce auxquels on a compris un jour que le cinéma était un art jeune. C'est-à-dire un art félin, qui donne des coups. Pas un truc docile fondu dans le format. Et au bulletin de santé wisemanien, Boxing Gym est un film en forme.

Ours brut. Une succession de bonnes gauches soignées située dans une salle de gym d'Austin, au Texas. Pas la salle où l'on fabrique les stars, pas la salle la plus courue de la ville, non… Quand un jeune homme se présente pour s'y inscrire, il avoue avoir failli renoncer avant de trouver in extremis l'endroit. Qui vivot

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