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Libération

«Easy Rider», l’essence du mythe

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En signant ce road-movie défoncé, Dennis Hopper entre définitivement dans la légende, pose les bases d’un cinéma rock et ouvre les vannes du «nouvel Hollywood» furibard des années 70.

Publié le 31/05/2010 à 0h00

Ce n'est pas pour des prunes que le journaliste Peter Biskind a intitulé Easy Riders and Raging Bulls son livre-somme sur le Hollywood des années 70 (le Nouvel Hollywood en français). Cette décennie au cours de laquelle sexe, drogue, contestation et rock ont fait irruption sur les écrans américains s'est effectivement achevée avec le film de Martin Scorsese en 1980, mais a surtout démarré sur les chapeaux de roues d'Easy Rider en 1970.

Cocotier. L'origine du film date du tournage de The Trip en 1967, un film de Roger Corman qui réunit Dennis Hopper et son grand ami du moment, Peter Fonda. C'est ce dernier, fils d'Henry et frère de Jane, qui est la vedette montante de l'époque. Son physique de play-boy blond perpétuellement pieds nus, même dans les fêtes de charité d'Hollywood, fait un tabac parmi les jeunes rebelles américains qui adorent les films de motards qu'il tourne à la chaîne. The Trip est de ceux-là, nourri d'images psychédéliques qui sentent bon la découverte récente du LSD par la bourgeoisie californienne. C'est en promo pour le film, alors qu'il est à Toronto, que Peter Fonda a une vision du western moderne : «Deux types à moto qui traversent le pays vers le Sud pour fourguer de la drogue et se la couler douce.»

Il en parle à son copain Dennis Hopper qui saute sur l’occasion pour passer à la réalisation, vieille ambition qui s’est toujours fracassée sur la méfiance des producteurs échaudés par l

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