«Je suis un petit fermier de la classe moyenne de Dodge City et mes grands-parents cultivaient le blé. Je croyais que peindre, jouer la comédie, réaliser des films et faire de la photographie faisait partie de la vie d’un artiste. J’ai fait mon argent comme cela. Et je me suis bien amusé. Ce ne fut pas une mauvaise vie.» Au cours des dernières années, Dennis Hopper avait répété plusieurs fois cette phrase dans les interviews. Comme si, par son humilité et sa franchise, cette épitaphe pouvait résumer l’extraordinaire parcours d’un homme dont les qualités d’acteur n’ont jamais pu tout à fait satisfaire une curiosité intellectuelle et une folie autodestructrice en parfaite symbiose avec son époque.
Estime. Car si la carrière de Dennis Hopper a surtout été rythmée par la plus belle collection de rôles de méchants ivres de violence et de psychopathes sanguinaires de l’histoire du cinéma, la première partie de sa vie fut entièrement consacrée à l’art. La poésie et la peinture, auxquelles il s’adonne pendant son long bannissement d’Hollywood, au début des années 60, après une altercation avec Henry Hathaway sur le tournage des Quatre Fils de Katie Elder. La photographie qu’il découvre à la même époque à New York. L’art contemporain, dont il possédait une impressionnante collection (Basquiat, Warhol, Pollock, Rusha…), une passion transmise par l’acteur Vincent Price, lui-même grand collectionneur, et son épouse Mary que Dennis avait rencontrée dans une école d’ar




