Le Plan B est-il un plan baise ou un plan-séquence ? Un peu des deux, mais c'est surtout une fable distanciée et charmante sur la confusion des sentiments entre deux amis. Une histoire gay entre deux hétéros pur jus, Argentins, jeunes et velus, qui par bravade, et pour épater une fille qu'ils se disputent, lui font croire qu'ils sont ensemble. Pour le lui prouver, ils s'embrassent. Du bout des lèvres, mais cela suffit à déclencher un doux ensorcellement, tendre et progressivement torride, dont les chastes amis vont être bien encombrés.
L’une des belles idées du film, c’est de montrer comment, pour affronter ce processus qui les rapproche, Bruno (excellent Manuel Vignau) et Pablo (Lucas Ferraro, un poil plus effacé, mais à peine moins convaincant) font un long retour par l’enfance. Comme un besoin de s’immerger encore dans un âge d’or et d’innocence où les garçons partagent les cigarettes, couchés dans l’herbe, parlent jouets et bonbons, épuisent des nuits d’été à chuchoter et les étirent crapuleusement au-delà de l’aube, en slip, dans des grasses matinées moites où leurs sommeils se frôlent.
Parce qu'il fonctionne sur l'idée à la fois amusante et sérieuse que Pablo et Bruno sont victimes d'un engrenage qui les dépasse, Plan B parvient à garder un ton mêlé de comédie, non romantique mais sensuelle, et de petit drame intime, où s'exprime quelque chose de très vrai sur l'époque et l'état d'une certaine masculinité. Le poison de l'amour ravage les amis qui discut




