Pour qu'un feu brûle, qu'une matière explose, il faut que se heurtent ou se mêlent deux ingrédients antagonistes. Desierto adentro donne le sentiment d'un film incendié par la collision improbable d'une période historique, le Mexique des années 20-30, et d'un philosophe existentialiste danois, Søren Kierkegaard, qui a plus qu'aucun autre vécu dans sa chair les affres de la faute et du châtiment.
La période historique en question s'appelle la Cristiada, époque d'exacerbation religieuse où d'autoproclamés Cristeros («partisans du Christ») prirent les armes contre la répression religieuse. La guerre civile qui éclate alors entre l'Etat mexicain et les Cristeros, essentiellement des paysans, fera 90 000 morts.
Héritiers. C'est dans ce contexte que prend corps l'incroyable histoire que nous raconte le Mexicain d'origine uruguayenne Rodrigo Plà. Il s'agit d'Elias, humble père de famille qui brave l'interdiction faite aux croyants en appelant un prêtre clandestin à la rescousse de sa femme enceinte et malade. En représailles, des militaires massacreront le village d'Elias, y compris son propre fils aîné, Aureliano. Sa femme trépassera aussi, mais pas l'enfant qu'elle porte et qu'Elias baptise immédiatement du nom de celui qui vient de disparaître, Aureliano, le second, donc.
Habité par la foi jusqu'au fanatisme, Elias se convainc qu'il a péché par égoïsme, qu'il est responsable de ces cadavres et que Dieu lui fera payer le prix de s




