De l'air, vite. Même pollué, même puant, qu'importe : rarement le besoin de respirer un grand coup n'aura été aussi vital qu'après la vision de Buried, thriller claustro réalisé en dix-sept jours par un jeune prodige espagnol. Sur un scénario malin signé Chris Sparling, Rodrigo Cortés redéfinit la notion de huis-clos, qu'il limite au strict minimum en matière de superficie habitable. Voici donc l'Américain Paul Conroy, chauffeur pour une société privée en Irak, que des terroristes capturent pour soutirer au gouvernement US une coquette rançon. Perversité originale : Paul est enfermé dans un cercueil, enterré, avec à ses côtés un téléphone portable à moitié chargé, une lampe et un briquet. Il ne lui reste qu'une heure et demi pour convaincre au bout du fil les autorités américaines de négocier avec les terroristes - pas le genre de la maison -, tout en calmant ses ravisseurs peu conciliants.
Encensé. On attendait ce film espagnol (mais tourné en langue anglaise) avec un mélange d'excitation et de scepticisme : bien qu'encensé par la critique de festival en festival, notamment à Sundance, Buried aurait pu rejoindre la liste de ces «films concept» au pitch roublard qui se dégonflent en cours de route. Qu'on se rassure, la réputation de la chose n'est pas usurpée. Jusqu'au-boutiste, Cortés résiste à toute tentation de rendre son deuxième long métrage plus accessible : pas un plan extérieur au cercueil ne viendra s'immiscer dans le montage final




