Sharunas Bartas est né le 16 août 1964 à Siailial en Lituanie, dans un de ces Etats baltes (avec Estonie et Lettonie) alors sous domination et occupation soviétique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est donc à l’école de cinéma de Moscou (l’institut VGIK) que Bartas va «apprendre» le cinéma.
Au VGIK, où il fut l'élève du cinéaste géorgien Irakli Kvirikadzé (scénariste aussi de Nana Djordjadzé), il réalise deux courts métrages et, en 1991, son premier long métrage, Trys Dienos («Trois Jours») qui sera présenté au festival de Berlin en 1992 et suscitera dans les colonnes de Libération un premier coup de foudre : «Sharunas Bartas lutte de toute sa fatigue contre la fatigue du monde. Il fracasse sa misère sur la misère absolue. Vaste programme, colossale ambition.» Qui seront au rendez-vous de son deuxième film, Corridor, réalisé en 1994 en noir et blanc, qui serre d'un cran le radicalisme poétique de son auteur : plus un seul dialogue, seulement des éclats de voix lointains, des rumeurs, pas mal de musique, sur fond de friches, autant industrielles que sentimentales. Le monde reste à défricher avant de le déchiffrer. La métaphore vaudra pour tous ses films suivants, que le visage et le corps de l'actrice Katerina Golubeva vont éclairer de sa splendeur boréale.
Chalet. Bartas filme au plus près, des gestes, des corps, des visages et des paysages, comme s'il voulait les embrasser, à tous les sens du verbe : tout mang




