Menu
Libération
Critique

A tombeau ouvert d’Israël aux Carpathes

Réservé aux abonnés

Enfariné. L’Israélien Eran Riklis embarque un DRH et une morte dans un road-movie brinquebalant.

(Pyramide Distribution)
Publié le 15/12/2010 à 0h00

Vivre et mourir ne sont jamais des choses simples. Surtout à Jérusalem, souligne le nouveau film d’Eran Riklis qui s’intéresse au chemin de croix d’un directeur des ressources humaines obligé de s’occuper de la dépouille d’une ouvrière de la boulangerie industrielle pour laquelle il travaille. La malheureuse, morte dans un attentat, était jeune, jolie, tellement solitaire que personne n’a réclamé son corps à la morgue. Hélas pour lui, elle était aussi roumaine, ce qui l’amène à entreprendre un périple homérique jusqu’au fin fond des Carpathes afin d’y déposer le cercueil auprès de la famille éplorée. Sur sa route, il trouvera un adolescent à vif, un journaliste crétin, une consule d’Israël folle à lier, des militaires bourrés d’hospitalité et les relents moisis d’une bureaucratie stalinienne légèrement âpre au gain qui n’arrangent pas ses affaires. Il trouvera également le début d’un sens à sa vie qui en manquait cruellement depuis quelque temps.

Le mode opératoire du road-movie adopté par Eran Riklis, auteur de l'épatant Citronniers en 2008, lui donne l'occasion de faire un film aussi brinquebalant que le mini-van avec lequel son personnage traverse la rude Roumanie. Au rythme paisible de l'enchaînement de situations cocasses rien n'est jamais ni très drôle ni très émouvant, ce qui est quand même un peu gênant. Pourtant, le film possède un charme mélancolique qui tient essentiellement à l'affection généreuse avec laquelle le réalisateur traite son personnage princip

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique