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Libération
Critique

Cloués au Leigh

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Cruauté . Le cinéaste britannique met en scène la noirceur d’âme d’un couple de sympathiques sexagénaires. Réjouissant.

Publié le 22/12/2010 à 0h00

Autant, ces dernières années, Mike Leigh avait pris l'habitude un peu désagréable de charger ses films d'un moralisme social indigeste, autant Another Year, présenté cette année en sélection officielle à Cannes, fait preuve d'une sobriété presque aride. Du moins en apparence, ce qui fait tout son charme et son intelligence.

Le cinéaste britannique, dont les 67 ans ne sont forcément pas étrangers à la démarche, saisit une année calendaire d’un couple de Londoniens à l’automne de leur vie. Il s’appelle Tom (Jim Broadbent), il est géologue et affiche en permanence une bonne humeur contagieuse. Elle s’appelle Gerri (Ruth Sheen), n’a pas de menton mais de grosses dents de devant (au point que ce serait un scandale si elle n’était pas anglaise) et assure une aide psychologique à des gens dans la panade au dispensaire médical du coin. Au fil des quatre saisons qui rythment équitablement le film, Tom et Gerri (so funny, isn’t it ?) mènent leur vie paisible faite de jardinage, de visites de leur grand fils qui se met en ménage avec une chouette fille, de lectures vespérales autour d’une bouteille de vin, mais surtout de dîners, thés et autres barbecues dominicaux avec leurs amis.

Déséquilibre. Or, détail d'abord anodin puis vite intrigant, ces gens sont tous des cabossés. Ken, gros quinquagénaire alcoolique, ami d'enfance de Tom, qui assiste, terrifié et impuissant, au naufrage de son existence. Ronnie, le frère aîné de Tom, prolo largué qui étrenne son veuvag

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