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Proverbiale Berlinale

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Promenade hors piste dans les diverses sélections de la 61e édition du festival.

«Le Cheval de Turin» de Béla Tarr, grad prix du jury. (Erika Bok)
ParGérard Lefort
Envoyé spécial à Berlin
Publié le 21/02/2011 à 0h00

Présenté dans la section Panorama du festival de Berlin, Warum Madame Warum est un très court métrage de Johnny Heys où une superstar (locale), Zazie de Paris, sanglée dans le dernier cri du tailleur panthère, flâne devant les boutiques de luxe de la capitale allemande (Cartier, Gucci, etc.), une saucisse au bord des lèvres. Au bilan de la 61e édition de la Berlinale, on se sent comme cette Zazie : un peu las d'avoir déambulé devant les vitrines chics de la compétition officielle sans avoir eu jamais envie d'y voler quoi que ce soit tant, à de très rares exceptions près, les jolies inutilités le disputaient au tocard exténuant d'académisme. Quant à la saucisse…

C'est donc dans l'arrière-boutique des sélections parallèles (Forum et Panorama) qu'il fallait faire ses courses, le plus souvent en posant un doigt au hasard du bazar sur n'importe lequel des quelque 120 films programmés. Une activité nerveuse comparable à la contemplation du tableau de Bruegel, les Proverbes flamands, visible à la Gemäldegalerie de Berlin, soit à un jet de bière du névrogène quartier moderniste de Potsdamer où le festival bat son plein. La même saturation, le même risque de conjonctivite, voire de cécité, à tout vouloir regarder d'un seul tenant, et, cependant, la même jubilation, le même effet de gai savoir lorsque l'œil opère sa sélection officieuse, punctum après punctum, proverbe après proverbe.

«Les toits y sont couverts de gâteaux»

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