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Libération
Critique

Quartiers d’hiver

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Cité. Le Chinois Li Hongqi passe ses vacances avec des ados désœuvrés.

Publié le 23/02/2011 à 0h00

Nous avions besoin de réconfort, et le garçon qui a réalisé ce bijou est poète. Au figuré, au propre. Qui mène, à 35 ans, une revue indépendante dont le nom se traduit du pinyin par l'expression Bas du corps. Dans un des numéros, Li Hongqi pose, paraît-il, en mimant son suicide, sourire aux lèvres. Tout comme la douceur de ce film, à mi-chemin entre le suicide et le sourire aux lèvres.

Le suicide n’est jamais en odeur de sainteté, ni chez les religieux ni chez les communistes. C’est une décision que l’on prend seul, et prise seule elle refuse la dictature du groupe. Le Chinois Li Hongqi ne s’est toujours pas suicidé, tant mieux, car il a signé ce film, son troisième, Léopard d’or de Locarno en août 2010.

«Orpheline». Film ou poésie immédiate ? Les catégories sont insuffisantes à transmettre la férocité de cet équilibre. Il faut trouver aux critiques une façon de retranscrire ce calme insidieux, le calme de ceux qui savent que l'on est déjà entré dans autre chose - en esthétique, en politique, comme dans la vie de tous les jours. Baliser avec eux (enfants, ados, poètes, glandeurs professionnels) ces vacances d'hiver passées à attendre le dégel dans une cité chinoise minuscule, ouvrière (par définition). Décrire ce qu'on y voit, avant que ça nous file entre les doigts. Raconter qu'on a vu un môme haut comme trois pommes parler à une fille de sa taille et de son âge et lui demander ce qu'elle voudrait être, une fois grande. «Orpheline», répond l

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