Tongyeong est un petit port de plaisance situé à l’est de la Corée du Sud. A en juger par la longue coursive qui lui sert de lieu de balade et de point de rendez-vous, Tongyeong entretient une certaine ressemblance d’allure avec La Rochelle, ou avec le port de Cannes quand on le regarde depuis le casino, dos tourné à ses palaces. Deux exemples que nous n’avons pas choisis en toute innocence, deux exemples qui, par leurs festivals, résonnent très forts chez les cinéphiles. Car, depuis ce matin, Tongyeong est la plus belle des petites villes que le cinéma nous ait présentées depuis des lustres.
Il ne doit pas être très difficile d'aller à Tongyeong. Mais, avant Hong Sang-soo, peu y ont été dans le dessein d'en faire un film. Parce qu'il semble minuscule, brumeux, en tout cas très humide (jusque dans ses élans amoureux), et qu'il a la forme bancale d'une estrade montée en plein air, entre ses boutiques sur le port, ses restaurants, son musée historique où l'on se fait engueuler quand on parle trop fort, ou son jardin à thème en hommage posthume au héros coréen Yi Sun-sin (vainqueur des guerres contre le Japon), Tongyeong est le genre d'endroit que le cinéma contemporain évite comme la peste. Cette ville - provinciale, anonyme, grisâtre, ventée, si peu spectaculaire -, Ha ha ha, le dixième film de Hong Sang-soo (1), l'a pourtant choisie pour en faire son décor. Son décor ? Non, mieux que ça : son théâtre. Avec sa scène centrale (où l'on vient exposer ses peines d'amour a




