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Critique

Quinzaine des réelisateurs

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Echos sombres et lucides sur l’état du monde au festival Cinéma du réel, qui débute demain à Paris, au Centre Pompidou.

The Ballad of Genesis & Lady Jaye, de Marie Losier. (DR)
Publié le 23/03/2011 à 0h00

Alors, cette fin du monde, comment ça se passe ? Fins prêts ou encore quelques petites choses à régler ? L’heure des examens de conscience a sonné, c’est le moment ou jamais pour l’ultime check-list : lire les chefs-d’œuvre pas lus, dire ses quatre vérités au patron, goûter tous les fruits défendus, regarder le soleil dans les yeux, rire à chaudes larmes… Mais au fait, dans quel état le laisse-t-on ce monde d’avant la fin ? Quelqu’un a-t-il songé à dresser un dernier inventaire ? Toujours pile à l’heure, le Cinéma du réel a encore pensé à nous.

Dans le bunker baroque de Beaubourg, un archéologue extraterrestre ouvrira un jour notre tombeau vitrifié dans son jour J, décryptera le programme de l’édition 2011 du fameux festival et obtiendra un documentaire instantané sur l’état de l’humanité. Notre savant de l’espace et du futur aura sans doute grand peine à comprendre notre présent, mais il s’expliquera facilement la disparition de notre civilisation : nous nous sommes remarquablement bien débrouillés pour courir toujours plus vite à notre perte.

Oui, c'est le sentiment pas gai mais lucide, sinon la morale, que l'on peut tirer d'une première excursion au 33e Cinéma du réel, qui commence demain, et continue à très bien porter son nom, restant ainsi fidèle à sa seule raison d'être : c'est le réel qui, ici, décide du cinéma. Et pas l'inverse.

Dans l’idéal, le documentaire devrait toujours être aussi cela : un morceau brut et intrusif de réel qui se projette à nous, quelle

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