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Libération
Critique

Waste land, belles ordures

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Recyclage . Témoignages de trois ans passés avec des ramasseurs de déchets près de Rio.

(Eurozoom)
Publié le 23/03/2011 à 0h00

C’est parce qu’un type lui a mis un jour une balle dans le buffet, que ce type était riche et qu’il lui a signé un gros chèque pour qu’il la ferme, que le Brésilien Vik Muniz a pu prendre un billet d’avion pour New York et commencer une vie d’artiste. Plasticien aujourd’hui mondialement reconnu, il emploie une partie de son travail et de son talent à briser la boucle de la misère dont il est miraculeusement sorti.

Portraits. Pour ce faire, Vik Muniz a mis au point une méthode exemplaire. Pendant trois ans, il est retourné au Brésil et a partagé l'existence des ramasseurs de déchets qui arpentent tous les jours la plus vaste montagne d'ordures du globe, bucoliquement nommée Jardin Gramacho, aux environs de Rio. Avec ces damnés du détritus, il a élaboré un projet artistique soutenu, nourri de leurs mots, de leurs goûts, de leurs rêves. Il les a observés, filmés, interrogés. Puis il les a fait poser pour des portraits qui leur ressemblent, parfois inspirés par la grande histoire (la Mort de Marat) ou articulés autour d'événements de leurs vies, souvent tragiques. Ces portraits de conception monumentale sont composés à partir des déchets que les catadores,ces intouchables modernes, collectent infiniment. Puis ces tableaux sont photographiés et ce sont ces tirages d'œuvres éphémères que Vik Muniz vend… au profit de ses modèles.

C'est ce processus édifiant sans être moralisateur, à la fois expérimental et produisant des effets concrets sur la vie d

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