Ca l'emmerde les questions sur lui, sa virilité, ses rôles, son corps, ses tatouages. Face à un café-jus d'orange-clope du matin, Nicolas Duvauchelle assure, gentiment attentionné, la promotion des Yeux de sa mère, sorti le 23 mars. Mais franchement, il aimerait être ailleurs. Pense à autre chose, portable greffé à la main.
«Excusez-moi, je dois répondre à la mère de ma fille.» L'actrice Ludivine Sagnier accompagne, ce matin-là, Bonnie, leur fille de 6 ans, qui part en classe de mer.
«J'aurais aimé être à la gare, dit-il. Regardez, sa mère m'a envoyé ça.» Sur l'écran du téléphone, les traits d'une gamine s'effacent derrière la vitre d'un train. Duvauchelle est de cette spontanéité-là : il rechigne à parler de lui mais montre la photo de son enfant. Il dit ce qu'il pense, ne joue pas à l'acteur, malgré treize années de carrière.
Principalement du cinéma d'auteur, Claire Denis (Beau travail, White material), André Téchiné (la Fille du RER), Xavier Giannoli (les Corps impatients). Plutôt second rôle que tête d'affiche. On le confond encore, avec d'autres «el» de sa génération, Magimel ou Ulliel, belles gueules boudeuses du cinéma français. Souvent abonné aux rôles d'adolescent fiévreux, il aspire, à 31 ans, à davantage de maturité. L'année dernière, on l'a vu père de famille s'adonnant à l'échangisme dans Happy Few d'Antony Cordier. Dans les Yeux de sa mère, il interprète




