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Les prisons cachées de la CIA

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Le scénario d’«Essential Killing» s’inspire de faits réels.

Publié le 06/04/2011 à 0h00

S’il est une fiction, le scénario du film de Skolimowski n’en est pas moins vraisemblable. Plusieurs cas d’enlèvements d’islamistes - prétendus ou avérés - et de leur transfert vers des prisons cachées pour y être torturé se sont produits en Europe dans les années 2000 avec la coopération de membres de l’UE ou de l’Otan.

Le cas plus emblématique est celui de Khaled el-Masri. Fin 2003, cet Allemand d’origine libanaise était kidnappé par la CIA en Macédoine, où il se trouvait en vacances. Interrogé en Afghanistan, il fut battu et jeté en prison durant cinq mois. Avant d’être relâché en pleine forêt en Albanie, alors candidat à l’entrée dans l’Otan. L’affaire de cet inoffensif père de famille confondu avec un terroriste d’Al-Qaeda en raison d’une homonymie phonique fut le cas le plus notoire de ces «arrestations extraordinaires» attribuées à la CIA. La justice allemande a émis en 2007 un mandat d’arrêt contre 13 membres de l’agence, mais la Cour suprême américaine a rejeté la plainte. L’affaire el-Masri ne fut pas un cas isolé. Quelque 1 080 vols de la CIA ont fait escale dans des aéroports européens entre septembre 2001 et la fin 2005.

Quatorze pays d'Europe (dont l'Allemagne, la Suède, l'Italie, la Belgique et l'Espagne) ont laissé faire ces arrestations. La Roumanie et la Pologne ont même abrité, en 2002 et 2003, des lieux de détention temporaire de la CIA, selon un rapport du Conseil de l'Europe. Varsovie a nié. Mais de nouvelles accusations sont apparues. En 2008, le New

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