Depuis une petite vingtaine d’années, l’authentique Howard Marks, citoyen britannique dont la vie a inspiré ce film, prêche la bonne parole auprès d’un public conquis d’avance sur un sujet qu’il maîtrise sur le bout des doigts : la liberté de chacun à s’enfiler du cannabis dans les poumons. A la fin des années 70, ce sexagénaire gallois rigolard était, sous le pseudo de «Mr Nice», l’empereur des dealers de fumette, titre qui lui a valu de solides inimitiés auprès des autorités d’une demi-douzaine de pays, ainsi qu’une lourde peine dans une prison sévère des Etats-Unis. A sa sortie, le cultivé Howard a publié une autobiographie où il ne se montre avare ni en anecdotes rocambolesques à propos de son petit commerce florissant ni en arguments définitifs sur les vertus désinhibantes de sa matière première favorite.
Le charme du film de Bernard Rose repose sur la distance qu’il prend avec la vraie histoire. Sous les traits foncièrement sympathiques de Rhys Ifans, ce Mr Nice est présenté comme le produit déglingué d’une époque où siroter des bières fraîches au bord d’une piscine d’un pays chaud pouvait constituer une respectable finalité existentielle. Même si, pour en arriver là, il lui fallait amasser des millions.
Marks, enfant d'une vallée minière du pays de Galles, diplômé d'Oxford, découvre les multiples propriétés du pétard afghan sous les lambris de la prestigieuse université, mais, contrairement à la plupart de ses camarades, renonce à une assommante carrière de prof ou de h




