Sur le chemin de Tomboy, trois micro-évéments agissent comme des cailloux blancs qui, façon Petit Poucet, permettent de suivre le dessein de la réalisatrice Céline Sciamma, et disent beaucoup du bon génie frappeur et frappé qui l'habite. Un déménagement, au début ; une lecture, à peu près au milieu du récit ; et un jeu de cartes, vers la fin. Le déménagement est celui de parents jeunes (la trentaine) et de leurs deux enfants, petits (moins de 10 ans). La lecture est celle d'un passage du Livre de la jungle. Le jeu de cartes est un jeu des 7 familles. Tout est dit.
Tomboy est un film qui déménage, entre conte de fées dans la forêt et jeu de société hors piste. Autrement dit : une famille (parents et deux enfants) s'installe dans un nouvel appartement «normal» d'une banlieue moyenne. Le père est beau gosse, la mère est une jolie maman en fin de grossesse. La vaisselle et les bibelots sont encore dans les cartons. Mais l'attention portée au film aussi. Quèsaco ? La caméra nous aide en se focalisant sur l'aîné des deux enfants, dont on ne sait rien d'autre que ce que son apparence permet d'en déduire. Ça parle peu, ça a les cheveux courts, ça s'habille en pantalon mollasson, débardeur et sweat à capuche. Ça fait la connaissance de nouveaux gamins de son âge dans le parc de la résidence. Et singulièrement de Lisa, jolie petite fille qui demande à ça son prénom. Ça dit s'appeler Michaël. Comme un garçon.
Mowgli. Le spectateur, réveillé par




