A la façon d'un Jean d'Ormesson découvrant autrefois le «deuxième nœud» de la Roue rouge d'Alexandre Soljenitsyne, on a envie de s'écrier : «Ce qui frappe, c'est la masse!» Sauf que cette fois ce n'est pas de l'odyssée noire du communisme dont il s'agit mais de l'épopée rose et tout aussi homérique du monde pornographique américain. Le «deuxième nœud» d'Hollywood en quelque sorte, sa face cachée depuis toujours et pour l'éternité, son miroir dégoûtant, son frère honteux, bâtard et jamais reconnu par la famille du cinéma.
«Crève-la-dalle». La masse, ce sont les 800 pages d'entretiens brillamment découpés en un cut-up fluide et instoppable, fleuve au fil duquel s'expriment tous les témoins historiques encore disponibles de l'improbable saga : acteurs et actrices, flics et mafieux, producteurs et réalisateurs, photographes et auteurs, prostitués et maquereaux ainsi que tous leurs intermédiaires. Cette méthode de récit en «je» successifs, dont le modèle reste peut-être le magnifique ouvrage sur Edie Sedgwick de Jean Stein, donne à The Other Hollywood (le titre est resté dans sa version originale) une vitalité qui palpite à chaque page.
Certes, le battement cardiaque n’est pas des plus sains ni réguliers. Il connaît les courbes, les plongeons et les crises que son milieu ambiant favorise : la drogue, la violence, la prostitution, mais aussi plus simplement la perte de soi, le désir de revanche, le compte à régler, mais encore, tr




