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Critique

La Cinémathèque ne perd pas le noir

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Cycle . Avec «Perles noires», l’institution parisienne ressort de derrière les fagots une ribambelle de polars américains décalés et depuis longtemps invisibles. Attention les yeux !

Publié le 15/06/2011 à 0h00

Les mordus de films noirs ont, pour la plupart, découvert les charmes venimeux du genre un dimanche soir de leur adolescence à la faveur de la diffusion du Faucon maltais, de John Huston, à la télévision. Depuis, les plus acharnés ont pu mesurer à quel point les grands classiques forment l'inamovible corpus de toutes les anthologies, même pour les éditions DVD les plus courageuses. Mais pour ces impérissables chefs-d'œuvre, combien de petites merveilles fauchées, de films anecdotiques, de saisissants numéros d'acteurs ont-ils été promis au tiroir des oubliettes définitives ? Si l'on en croit les encyclopédies sérieuses consacrées au film noir, un sacré gros paquet.

Eddie Muller, journaliste, romancier et fondu du genre, est un archéologue infatigable de ce continent englouti. Auteur de l'emballant Dark City (1), virée littéraire et érudite dans la ville imaginaire de son genre favori, il est le créateur de la Film Noir Foundation, qui traque depuis une quinzaine d'années les copies perdues de ces films qui, eux aussi, ont fondé le mythe désespéré et cruel de cette Amérique en noir et blanc.

Deux moments forts, chaque année, sanctionnent le travail de bénédictin de la fondation. L’un au cinéma Castro de San Francisco, la ville où Muller réside, et l’autre à l’Egyptian Theater de Los Angeles, sanctuaire de l’American Cinematheque. A chaque édition, une douzaine de soirées double programme, avec surprises garanties et salles bourrées à craquer.

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