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Ray, Malick, Fellini et Maddin : la promotion canapé. Nicholas Ray «La forêt interdite»

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DVD. Cet été pour échapper aux blockbusters et à la plage, rien de tel que de mater quelques classiques ou des ovnis à la maison : sélection.

Publié le 22/06/2011 à 0h00

Au cours de l'été 1963, les journalistes Serge Daney et Louis Skorecki avaient rencontré George Cukor à Hollywood. Quand ils avaient évoqué devant lui la Forêt interdite de Nicholas Ray, le cinéaste s'était carrément foutu d'eux. Il trouvait le film ridicule, en particulier la distribution qui comptait, entre autres bizarreries, l'ancienne stripteaseuse Gypsie Rose Lee dans le rôle d'une tenancière de bordel. Cukor n'était pas le seul à trouver le film catastrophique. Le public de 1958, lui aussi, avait méprisé cette histoire de prof de sciences devenant, au début du siècle, défenseur des oiseaux des marais de Floride menacés par le braconnage.

En réalité, peu de gens avaient aimé le premier film écolo de l'histoire et encore moins les choix de Nicholas Ray, encensé deux ans auparavant pour la Fureur de vivre.Ils détestaient le face-à-face entre le citadin arrogant (Christopher Plummer, bien avant la Mélodie du bonheur) et le chasseur hirsute dresseur de serpents (Burl Ives, chef de bande de la Chevauchée des bannis, d'André de Toth), malgré les scènes ahurissantes opposant les deux hommes. La plus fameuse est une sorte de duel de beuverie au milieu du camp des braconniers, cour des miracles où survit la collection de gueules cassées la plus étonnante d'Hollywood. Un authentique jockey, avorton veule à la cravache vicelarde, un boxeur retraité, brute aux yeux presque fermés et, dans un coin, Peter Falk ricanant. Il y a aussi McKinley Kantor

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