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Interview

«J’enlève des dialogues, je raccourcis, j’épure»

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Mia Hansen-Love, 30 ans, revient sur la genèse de son troisième long métrage «Un amour de jeunesse» :

ParPhilippe Azoury
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Publié le 06/07/2011 à 0h00

Samedi, en milieu d'après-midi, dans le cœur de Paris, dans le bureau qui lui sert d'atelier, et où elle écrit déjà un nouveau scénario, Mia Hansen-Love, 30 ans, tentait de démêler pour Libération ses souvenirs d'adolescence des méthodes d'approche qui lui ont permis de les transformer en un film - son troisième après Tout est pardonné (2007) et le Père de mes enfants (2009).

A quand remonte l’origine de ce film ?

Je ne sais pas quand ce film a commencé à exister en moi. Je peux penser qu'il vient de très loin, qu'il est très ancien, antérieur à Tout est pardonné et au Père de mes enfants. Et pas seulement parce qu'il a existé longtemps une première version dans laquelle le personnage principal, celui en tout cas dont on épousait le point de vue, n'était pas Camille, mais son petit ami, Sullivan. Je l'ai ensuite entièrement réécrit du point de vue de la fille. Et pourtant, maintenant, une fois que le film est fini, je n'ai pas souvenir de l'avoir écrit, c'est comme s'il avait toujours été là. Mais le cheminement pour arriver à quelque chose de simple a pris un temps fou.

Vous n’auriez pas été capable de le faire auparavant ?

J’aurais été incapable de tourner cette histoire il y a trois ans. Je ne me voyais pas tourner une scène d’amour, je ne m’en sentais pas la force. C’était bien trop à vif. Le manque, l’absence, le besoin de combler un vide, le pardon sont des sentiments que croisaient déjà mes deux premiers films, car ils étaient en moi à la fin de l’adolescence, et ce film en raconte la genèse. Il fait trilogie avec les

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