Depuis le début de sa carrière, J.J. Abrams trimballe l'encombrante réputation d'être le nouveau Spielberg de Hollywood. Suractif et touche-à-tout, auteur de séries télé triomphales (Alias, Lost), réalisateur futé de licences a priori éculées (Mission : Impossible ou Star Trek), prince des narrations éclatées sur le Net, le garçon ne ménage pas sa peine pour être à la hauteur des attentes que l'industrie a placées en lui. Certes, il lui manque encore un succès du calibre de ceux obtenus jadis par son glorieux aîné. Sauf surprise, ce Super 8 ne sera pas son E.T., en dépit d'une application studieuse des règles de son supposé mentor et modèle Spielberg qui - ça n'est sans doute pas une coïncidence - est le producteur du film.
Super 8, comme son titre le laisse entendre, évoque un âge révolu de l'image. Celui impliquant des jeunes gens dévorés par le virus du cinéma, incapables d'attendre pour s'acheter du matériel convenable et qui fauchaient la bonne vieille caméra des parents pour réaliser un court métrage dont ils avaient écrit le scénario dans la marge de leurs cahiers d'école. Abrams connaît la question, c'est comme ça qu'il a commencé dans le métier, tournant des petites horreurs avec son pote Matt Reeves (Cloverfield) et les présentant au festival Super 8 de Los Angeles.
Cauchemars. Les héros du film, une bande d'adolescents, sont comme lui à son âge partagés entre la passion ludique de faire




