La guerre des deux mondes est déclarée. D'une part, ladite «ligne claire» belge, d'autre part, la ligne épaisse de celui qui, depuis plus de trente ans, mène la danse des succès interplanétaires. Hergé meets Spielberg. Le film exhibe cette mixture qui commence par un bras de fer relativement équitable et se termine par le triomphe du blockbuster. A ce prix-là, après neuf ans de boulot, on ne va pas prendre le risque de ne pas réunir tous les ingrédients du succès maousse : bruit, fureur, destruction massive, surabondance de voltiges, jusqu'au match de grues de chantier, qui, au total, n'ont plus grand-chose à voir avec l'univers du «vrai» Tintin. Divertissant, ok, jusqu'au risque de fatigue, voire d'ennui. Par ailleurs, la 3D continue de provoquer une ophtalmie aiguë non prise en charge par la Sécu. Résultat : la tête farcie et la rétine à z.
Sur les fesses. On ne va pour autant entonner l'air de la Castafiore trahie. Toute adaptation est à la fois un pillage et une interprétation. Reste que cette «capture» de la BD a quelque chose d'une opération diabolique. Sous l'emprise de la 3D relief, tout ce qu'on reconnaît des Aventures de Tintin, en l'occurrence la tambouille du Trésor de Rackham le rouge et du Crabe aux pinces d'or, paraît dopé : Milou est plus gros, les personnages plus joufflus et Tintin est nettement plus sexy (le plan où il se donne une tape sur les fesses fera date). Au point de créer une «inquiétante familia




