D'abord un coucou humain, poussin effrayant aux cheveux peroxydés, chose douce et morte à la fois, mal sorti de sa cage. Cette femme, ou cet homme, visiblement passé(e) par le bistouri, fait l'idiot(e) puis, soudain, montre les dents, sous ses babines siliconées. Les fans le reconnaissent immédiatement : c'est Genesis P-Orridge, chanteur proto-indus de Throbbing Gristle (1975-1981), puis de Psychic TV, devenu «pandrogyne» depuis 2003 et s'appelant désormais Genesis Breyer P-Orridge. Pour ceux qui ne l'auraient jamais vu, c'est assez réussi. Une paire de faux seins, une carrure de catcheur, et surtout le masque en avant, typique de toute chirurgie plastique : chair pelée, gonflée, tirée, qui fait ressembler le visage et les mains à ceux d'une marionnette des Guignols.
Punk. Le spectacle peut commencer. The Ballad of Genesis and Lady Jaye raconte l'histoire d'amour entre Genesis et sa femme. Il a été tourné à leur demande pendant sept ans, entre autres avec une Bolex 16 mm, par Marie Losier, documentariste française installée à New York. La voix de Genesis nous guide. «On s'est dit : "Au lieu d'avoir des enfants, ce qui est une certaine façon de combiner deux personnes en une, pourquoi ne pas devenir nous-mêmes une seule personne ?"»
Séparément, Genesis et Lady Jaye étaient déjà des performers de la scène punk et transgenre, capables d'éructer sous des habits de nazis des phrases comme «J'en ai assez qu'on me dise ce que je dois êt




